Le marché européen de l'électricité verte vient de connaître un grand remaniement. Le français TotalEnergies s'apprête à racheter les activités terrestres de renouvelables de son concurrent britannique Shell, tout en cédant une partie de ses propres actifs à un investisseur américain.

Derrière ces termes techniques se cache une réalité simple : les grandes compagnies pétrolières réorganisent leurs portefeuilles d'énergies propres. TotalEnergies, déjà actif dans le solaire et l'éolien, veut grossir dans ce secteur en Europe. Shell, de son côté, choisit de se concentrer sur d'autres activités.

Selon Challenge, l'accord entre les deux groupes porte sur des installations déjà en fonctionnement ou en construction, représentant une capacité de 500 mégawatts (MW), principalement en Italie et aux Pays-Bas. À cela s'ajoutent 3,5 gigawatts (GW) de projets futurs — solaires, éoliens et stockage par batterie — prévus en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne. Un gigawatt équivaut à 1 000 mégawatts, soit de quoi alimenter des centaines de milliers de foyers.

Parallèlement, TotalEnergies vend au fonds d'investissement américain KKR la moitié d'un portefeuille d'actifs renouvelables de 1,2 GW, déjà bien développés, répartis entre l'Allemagne, l'Espagne, la France et la Pologne. Cette cession est valorisée à 1,8 milliard d'euros. Autrement dit, TotalEnergies achète d'un côté pour renforcer ses positions, et revend de l'autre pour alléger son portefeuille.

Ces opérations, qui doivent être finalisées d'ici fin 2026, attendent encore l'approbation des autorités réglementaires. Pour Shell, cette vente s'inscrit dans une stratégie de gestion active de ses actifs, comme l'explique Machteld de Haan, responsable de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique : « Nous priorisons les secteurs dans lesquels nous pouvons créer le plus de valeur à terme ».

En résumé, ces mouvements montrent que les majors pétrolières ne se tournent pas toutes vers les renouvelables de la même manière. TotalEnergies mise clairement sur cette croissance, tandis que Shell se recentre sur ses priorités. Pour les consommateurs européens, cela pourrait signifier à terme plus d'offres d'électricité verte, même si l'impact direct n'est pas immédiat.