Des messages partagés en ligne ont-ils suffi à déclencher des traversées vers l'Europe ? C'est ce que suggère une enquête de la CBC, qui pointe des contenus trompeurs sans trouver de commanditaire unique.
À la fin juillet, des milliers de personnes ont tenté de rejoindre Ceuta, une enclave espagnole au Maroc. Beaucoup ont réussi, d'autres non. Pourquoi un tel mouvement ? L'enquête visuelle menée par la CBC, avec l'aide du collectif Bellingcat, apporte une réponse : la désinformation en ligne a joué un rôle majeur.
Selon le média canadien, plusieurs comptes anonymes sur Instagram, TikTok et d'autres plateformes ont diffusé, avant la première vague, des vidéos et des messages encourageant le départ. L'une de ces vidéos, vue 1,4 million de fois, montrait un itinéraire maritime entre deux villes proches, comme si le passage était facile. Ces contenus, parfois accompagnés de musique et de mèmes, semblaient cibler des jeunes Africains et Moyen-Orientaux en quête d'une vie meilleure.
Mais l'enquête n'a pas trouvé de structure centrale derrière ces publications. Les comptes semblaient indépendants, même s'ils reprenaient souvent les mêmes arguments. Certains, note la CBC, cherchaient peut-être à profiter de la détresse des migrants, mais aucun organisateur commun n'a été identifié.
L'un des déclencheurs a été une fausse interprétation d'une décision de justice espagnole. Des comptes anonymes ont répandu l'idée que l'Espagne ne renverrait plus les migrants arrivés par mer. Cette rumeur, amplifiée en ligne, a précédé un mouvement de grande ampleur : plus de 72 000 personnes ont franchi la frontière en une seule journée, débordant les autorités locales et créant une crise politique.
La plupart des migrants sont repartis vers le Maroc, mais des centaines de personnes sont restées sur place, et plusieurs ont perdu la vie en tentant la traversée. Les gouvernements, eux, ne s'accordent pas sur l'explication : manipulation géopolitique ou simple effet de réseau ? La CBC, elle, estime que la désinformation a été un facteur clé, sans qu'on puisse encore mesurer toute son ampleur.
Pour les détails précis de l'enquête, notamment les chiffres exacts et les méthodes d'analyse, la consultation du rapport original reste indispensable.




