Le bras de fer entre les avocats marocains et le ministère de la Justice continue. Les avocats ont décidé de prolonger leur grève totale et de convoquer une réunion exceptionnelle en septembre.
Mardi 18 août, le bureau de l'Association des barreaux du Maroc (ABAM) a annoncé la reconduction de l'arrêt total des prestations professionnelles des avocats. Cette décision fait suite à une réunion ordinaire tenue à Rabat. L'association, présidée par le bâtonnier Houssine Ziani, a également prolongé sa suspension de participation au système d'assistance judiciaire, c'est-à-dire la désignation d'avocats pour les personnes qui n'ont pas les moyens d'en payer un.
Une session extraordinaire du conseil national de l'association est prévue le 5 septembre 2026 au club des avocats du quartier Souissi, à l'invitation du barreau de Rabat. Le bureau a décidé de rester en session permanente et d'activer différentes formes de protestation pour défendre l'indépendance de la profession.
Selon Barlamane, ce conflit oppose depuis des mois les barreaux au ministère de la Justice, dirigé par Abdellatif Ouahbi. L'objet du litige : la loi n° 66.23 sur l'organisation de la profession d'avocat, qui doit remplacer une loi de 2008. Les avocats ont entamé une grève générale en juin, paralysant une grande partie de l'activité judiciaire. Le communiqué évoque « cent jours de paralysie de la justice » et demande au gouvernement de s'expliquer sur ses priorités.
La tension est montée d'un cran après la décision de la Cour constitutionnelle du 10 août. Celle-ci s'est déclarée dans l'impossibilité de se prononcer sur la conformité de la loi à la Constitution, en raison d'un vice de procédure dans la saisine. Le bureau de l'ABAM juge ce renvoi « entaché d'un vice de forme incompréhensible » et interpelle les institutions législatives du pays pour comprendre ce qui s'est passé.




