Les ports marocains tournent à plein régime. Sur les six premiers mois de l'année, l'activité globale a bondi de près de 15%, une progression largement portée par le transbordement, un segment devenu le pilier du transport maritime dans le pays.

C'est un chiffre qui donne le pouls de l'économie. Selon Challenge, qui s'appuie sur des données du ministère de l'Équipement et de l'Eau, les ports marocains ont traité 148,6 millions de tonnes de marchandises entre janvier et juin 2026, contre environ 130 millions un an plus tôt, soit une hausse de 14,4%.

Cette dynamique s'explique principalement par le transbordement. En clair, il s'agit de faire transiter des conteneurs d'un navire à un autre dans un port, sans les décharger pour le marché local. Cette activité a progressé de 28,6% sur la période, atteignant 82,6 millions de tonnes. Elle représente désormais plus de la moitié du trafic total du pays.

En revanche, le trafic domestique, qui reflète davantage les échanges internes, a été quasi stable, avec 66 millions de tonnes et une légère hausse de 0,6%.

Dans le détail, les importations progressent de 3,6% à 40,7 millions de tonnes, tandis que les exportations reculent légèrement de 1,6%. Le cabotage (transport maritime entre ports marocains) chute plus nettement de 14,6%, et le soutage, c'est-à-dire le ravitaillement en carburant des navires, enregistre une baisse de 4,1%.

Parmi les produits stratégiques, les céréales voient leurs volumes augmenter de 13,8%, les hydrocarbures importés de 7,7%, les conteneurs de 1,7%, et les voitures neuves de 12,9%. À l'inverse, le phosphate et ses dérivés chutent de 11,2%.

Enfin, du côté des passagers, les ports ont vu transiter 1,6 million de personnes, un chiffre stable par rapport à l'an dernier, tandis que la croisière enregistre une hausse de 2,4% avec plus de 174.000 croisiéristes sur la période.