Le Maroc joue une partie serrée à Washington : son géant des phosphates gagne des soutiens politiques, mais une procédure commerciale américaine continue de menacer ses ventes.

Pour comprendre ce qui se passe, il faut savoir que le phosphate marocain est un engrais très demandé par les agriculteurs américains. Mais les États-Unis produisent aussi leur propre phosphate, via une entreprise nommée Mosaic. Résultat : Washington doit choisir entre protéger son industrie locale ou garantir des prix abordables à ses fermiers.

Selon Barlamane, qui a consulté le registre officiel américain des agents étrangers, OCP, via sa filiale nord-américaine, a prolongé mi-juillet son contrat avec un cabinet d'influence à Washington. Ce cabinet, nommé Cornerstone Government Affairs, a pour mission de parler aux membres du Congrès et à l'administration fédérale. Le contrat court jusqu'en décembre 2026, ce qui couvre toute la période où les États-Unis réexaminent leurs taxes sur le phosphate marocain.

Quelques jours après ce renouvellement, le sénateur républicain Chuck Grassley, membre important de la commission des finances, a publiquement félicité le président Donald Trump pour avoir temporairement suspendu les droits sur le phosphate marocain. Son souhait ? Que Mosaic ait de la concurrence et que les agriculteurs américains paient moins cher leurs engrais. À l'inverse, le département américain du Commerce a rendu une décision préliminaire défavorable sur ces mêmes taxes, ce qui maintient le sujet sous tension.

Concrètement, la Maison-Blanche avait déjà autorisé fin juin l'importation de certains engrais marocains sans droits pendant huit mois, car la production locale ne suffisait pas. Mais cette mesure est temporaire, et la bataille commerciale reste ouverte. Le Maroc avance donc pions par pions dans les couloirs du pouvoir américain, sans que l'issue soit garantie.