Le Maroc attire de nouveaux acteurs dans sa quête de pétrole offshore, mais les premiers coups de forage ne sont pas pour tout de suite.
La compagnie américaine Murphy Oil a officiellement intégré le Maroc à sa carte des priorités mondiales d'exploration. C'est ce qui ressort de sa présentation des résultats du deuxième trimestre, relayée par Barlamane. Le royaume y figure aux côtés du golfe d'Amérique, de la Côte d'Ivoire et du Vietnam — ce qui en fait l'un des quatre terrains de jeu favoris du groupe.
Mais ce qui distingue ce dossier, ce n'est pas seulement la superficie. Avec plus de 16 989 km² sous ses droits, l'emprise de Murphy au large des côtes atlantiques marocaines est vaste. Le groupe américain la compare à plus de 700 blocs du golfe d'Amérique. Il détient 75% de ce permis, appelé Gharb Deep Offshore, aux côtés de l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), qui en garde 25%.
Selon Barlamane, qui a consulté les documents officiels, l'accord signé en janvier 2026 ne comporte «aucun engagement ferme de forage» pendant la première phase de trois ans. En clair : Murphy peut explorer, étudier, analyser — sans obligation de percer.
Côté cadre juridique, tout a été verrouillé au printemps. Un arrêté conjoint signé en avril par les ministres de la Transition énergétique et de l'Économie a entériné l'accord avec la filiale marocaine du groupe. Les dix autorisations de recherche ont suivi en mai, avec effet rétroactif au 3 avril.
Le bassin est décrit comme «encore peu exploré» par le patron de Murphy Oil. Les équipes ont déjà identifié une grande structure géologique jamais forée. Mais avant d'imaginer un puits, il faudra compter environ un an de préparation — retraitement des données sismiques, analyses, choix de la cible.
Le groupe a budgété 119 millions de dollars pour la recherche pétrolière au deuxième trimestre de son exercice. Pour le lecteur qui suit le dossier depuis Rabat, l'enjeu est simple : le Maroc continue de séduire les majors, mais la démonstration que cette zone peut produire du pétrole reste encore à faire.




