La récolte d'agrumes du Maroc reste stable, mais sa composition change. En coulisses, les oranges perdent du terrain face aux petits agrumes comme les clémentines ou les mandarines.
Le rapport de mi-campagne du ministère espagnol de l'agriculture, publié jeudi 6 août, estime la production marocaine à 2,09 millions de tonnes pour la campagne 2025-2026. C'est presque autant que l'an dernier : le recul n'est que de 0,8 %. Mais derrière cette stabilité apparente, les chiffres racontent une autre histoire.
Selon le rapport relayé par Barlamane, qui s'appuie sur les prévisions de l'Organisation mondiale des agrumes, la production d'oranges attendue au Maroc est de 900 000 tonnes, en légère baisse. En revanche, les « petits agrumes » (clémentines, mandarines, etc.) atteindraient 1,14 million de tonnes, en hausse de 9,5 % sur un an. Les citrons et les pomelos progressent aussi, mais avec des volumes bien plus faibles.
Concrètement, les petits agrumes représenteraient désormais 54,6 % de toute la production marocaine, contre 43 % pour les oranges. Ce glissement compense la baisse côté orange et limite la perte totale à environ 17 000 tonnes. Le Maroc reste un acteur majeur du bassin méditerranéen, avec une production qui le place derrière des géants comme l'Espagne, l'Égypte ou la Turquie.
Côté exportations vers l'Europe, la tendance est moins favorable. Entre septembre 2025 et février 2026, le Maroc a expédié 9 412 tonnes d'agrumes vers l'Espagne, premier marché d'entrée. C'est en baisse de 8,2 % sur un an. Le pays reste toutefois le premier fournisseur extracommunautaire de l'Espagne, devant l'Afrique du Sud, l'Argentine et le Pérou.
Sur l'ensemble des pays étudiés, la production mondiale d'agrumes est en recul de 1,5 % sur un an, à 27,40 millions de tonnes. Le Maroc, avec sa récolte stable, s'en sort donc plutôt bien — même si le terrain perdu sur le marché espagnol interroge sur la compétitivité de ses exportations.




