Le commerce entre le Maroc et l'Italie pèse lourd, mais ce n'est pas une rue à sens unique : les Italiens vendent plus qu'ils n'achètent.
En 2025, les deux pays ont échangé pour 4,7 milliards d'euros de marchandises, selon une fiche de l'Observatoire économique du ministère italien des affaires étrangères, consultée par Barlamane. Mais ce volume cache un déséquilibre : les ventes italiennes vers le Maroc (près de 3 milliards) dépassent largement les achats depuis le royaume (1,7 milliard). Résultat, un excédent commercial de 1,2 milliard d'euros en faveur de l'Italie.
Ce déséquilibre s'explique par la place différente de chaque pays dans le commerce italien avec l'Afrique. Côté ventes, le Maroc est un débouché majeur : il se classe troisième parmi les pays africains qui achètent le plus à l'Italie, derrière la Tunisie et l'Algérie, mais devant l'Égypte. À lui seul, le royaume absorbe près d'un euro sur sept exporté par l'Italie vers le continent.
Côté achats italiens, le Maroc est moins central. En tant que fournisseur, il se classe sixième en Afrique, loin derrière l'Algérie, qui domine massivement avec 28,5 % des importations italiennes en provenance du continent, ou la Libye. La part du Maroc dans ces approvisionnements dépasse à peine 5 %.
Pourquoi ce déséquilibre ? Les données ne le disent pas explicitement, mais on comprend que l'Italie cherche surtout des matières premières énergétiques, souvent fournies par l'Algérie et la Libye, tandis que le Maroc lui vend des produits plus diversifiés, mais moins pondéreux.
À plus grande échelle, le commerce Italie-Afrique est en hausse de 10 % au premier semestre 2026, avec une réduction du déficit commercial italien vis-à-vis du continent. Le Maroc, lui, confirme sa position de porte d'entrée pour les produits italiens en Afrique du Nord, mais reste un partenaire commercial déséquilibré.




