Le système bancaire marocain traverse une période de tension financière, et la banque centrale s'apprête à renforcer son rôle de prêteur de dernier recours.
En termes simples, les banques marocaines ont besoin de plus d'argent qu'elles n'en ont à disposition pour fonctionner au quotidien. Cette situation, appelée "déficit de liquidité", s'est accentuée au cours de la semaine du 6 au 13 août, selon BMCE Capital Global Research (BKGR), qui publie des analyses régulières des marchés financiers.
Concrètement, ce déficit atteint désormais environ 137,3 milliards de dirhams, en hausse de 2,24% sur une semaine. Pour comprendre : les banques doivent prêter de l'argent à leurs clients, mais elles n'ont pas toujours assez de fonds disponibles. Elles se tournent alors vers la Banque centrale (Bank Al-Maghrib) pour emprunter. Cette fois, la Banque centrale a réduit ses prêts à une semaine, les faisant passer à 49,4 milliards de dirhams, ce qui a tendu un peu plus le marché.
En parallèle, l'État marocain, via le Trésor, a placé davantage de fonds, et les taux d'intérêt à court terme sont restés stables. Mais le point clé, c'est que les banques ont emprunté moins que prévu lors d'une émission de Bons du Trésor — des titres d'emprunt de l'État — ne levant que 2,5 milliards sur les 5,6 milliards proposés.
BMCE Capital Research anticipe que la Banque centrale va augmenter ses prêts aux banques pour soulager cette pression, avec des avances qui passeraient à 55 milliards de dirhams. Cela signifie qu'on peut s'attendre à plus d'argent injecté dans le système prochainement, ce qui pourrait stabiliser le marché.
Pour les Marocains, ces tensions se traduisent rarement directement, mais elles influencent les taux d'intérêt sur les crédits immobiliers ou aux entreprises. D'après Aujourd'hui le Maroc, qui a relayé cette note, la situation reste sous surveillance, avec des évolutions contrastées sur certains marchés de titres.




