L'industrie marocaine n'a jamais autant vendu à l'étranger. Portées par les usines automobiles, les exportations du Royaume ont bondi de près de 10% en un an, confirmant la mue industrielle du pays.
Pour le profane, les chiffres des exportations peuvent sembler abstraits. Mais ils racontent une histoire simple : le Maroc ne vend plus seulement des tomates, du phosphate ou des vêtements. Il fabrique désormais des voitures, des câbles électriques et des pièces d'avion, et ces produits haut de gamme rapportent de plus en plus d'argent.
Selon les données de l'Office des changes, l'organisme qui comptabilise les entrées et sorties d'argent du pays, le secteur automobile a généré 93,65 milliards de dirhams de ventes à l'étranger sur les six premiers mois de 2026. C'est 17,4% de plus que l'an dernier sur la même période. C'est aussi, de loin, la première source de revenus d'exportation du Maroc.
Ce qui tire cette croissance ? Principalement deux segments de l'industrie auto : la construction de véhicules, dont les ventes ont bondi de 26,7%, et le câblage (ces faisceaux électriques qui équipent les voitures), en hausse de 13,9%. En clair, les usines marocaines ne se contentent plus d'assembler : elles produisent aussi des composants techniques de plus en plus sophistiqués.
L'aéronautique suit la même trajectoire. Ses exportations ont atteint 17,32 milliards de dirhams, en hausse de 19,3%, grâce notamment au segment de l'assemblage et aux systèmes de câblage électrique pour avions. Deux filières industrielles se confirment donc comme les moteurs de l'économie du Royaume.
Mais tout n'est pas rose : certains secteurs traditionnels perdent du terrain. Les exportations de textile et cuir ont reculé de 6,5%, celles de l'électronique de 4,4%, et les phosphates et dérivés — historiquement le fer de lance du commerce extérieur marocain — ont baissé de 2,3%. En revanche, l'agriculture et l'agroalimentaire progressent de 5,7%.
Au total, toutes filières confondues, le Maroc a exporté pour 260,39 milliards de dirhams à fin juin 2026, soit 9,7% de plus qu'un an plus tôt. Une dynamique qui illustre la montée en puissance des industries à forte valeur ajoutée dans la structure économique du pays.




