Le Maroc va pouvoir mieux compter chaque goutte d'eau qui sort des robinets. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) vient de débloquer un prêt de 250 millions d'euros pour l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE).
Selon Barlamane, ce financement vise à réduire les pertes d'eau, réhabiliter les réseaux et déployer des technologies numériques de gestion. Une partie de l'argent, 120 millions d'euros, est déjà engagée. Les 130 autres millions pourront être débloqués plus tard si besoin. S'ajoute une subvention de 5 millions d'euros.
C'est une première. Ce prêt bénéficie d'une garantie de Tamwilcom, l'organisme public marocain qui garantit les crédits. Jamais la BERD n'avait utilisé ce mécanisme dans le royaume.
Pourquoi c'est important ? Le Maroc, comme beaucoup de pays de la région, manque d'eau. Les sécheresses se multiplient et les nappes phréatiques s'épuisent. Réparer les fuites dans les canalisations et mieux gérer le réseau permet de gaspiller moins d'eau potable. L'enjeu est autant écologique qu'économique.
Le projet ne se limite pas aux tuyaux. Il prévoit aussi un programme pour aider l'ONEE à intégrer le climat dans sa façon de travailler et à créer un cadre de financement "durable" pour sa branche eau. L'objectif, selon la BERD, est de faire de l'office un pionnier de la finance durable dans la région.
Haytham Eissa, directeur de la BERD pour le Maroc, explique ce choix par "la pression croissante du changement climatique" que subit le pays. Depuis 2012, la banque a déjà investi plus de 6,2 milliards d'euros au Maroc, surtout dans le privé, la transition écologique et les infrastructures.




