Les entreprises espagnoles n'ont jamais autant investi au Maroc. Mais ce chiffre record s'explique par un mécanisme économique précis, pas seulement par un engouement soudain.
Selon Barlamane.com, qui a consulté les données officielles publiées le 1er août, l'investissement brut espagnol au Maroc a atteint 95,2 milliards d'euros en 2025. C'est énorme, surtout comparé aux 18,5 milliards d'euros de l'année précédente.
Attention, il faut comprendre ce que signifie "flux brut". Il s'agit de la somme totale des investissements déclarés, sans déduire les retraits ou désinvestissements. C'est différent de l'"investissement net", qui tient compte de ces mouvements. D'après DataInvex, le registre officiel géré par l'Institut espagnol du commerce extérieur (ICEX), la courbe de ces flux a été très irrégulière ces dernières années.
Entre 2020 et 2024, les montants sont restés bas, avec une chute spectaculaire en 2021, pendant la première crise migratoire, où l'investissement a plongé de 60%. Puis il y a eu un rebond en 2022, suivi d'un nouveau creux en 2023, à seulement 24 millions d'euros. Les spécialistes consultés jugent cette baisse "normale" : après une poussée, les entreprises ont besoin de temps pour concrétiser leurs projets. Et visiblement, elles ont rattrapé le retard en 2025.
Ce qui compte à plus long terme, c'est que le Maroc reste la première destination africaine des capitaux espagnols depuis dix ans. Le ministère espagnol de l'économie chiffre le stock investi par les sociétés ibériques dans les secteurs stratégiques du royaume à environ 1,9 milliard d'euros, ce qui aurait permis de créer plus de 27 000 emplois.
Le commerce bilatéral suit la même tendance : sur les cinq premiers mois de l'année, les échanges entre les deux pays atteignent plus de 10 milliards d'euros, avec un léger excédent en faveur de l'Espagne. Le Maroc reste d'ailleurs le premier client et le premier fournisseur africain de son voisin ibérique.




