L'argent circule plus vite au Maroc. Les banques prêtent davantage et les particuliers comme les entreprises épargnent plus. C'est ce que révèle le dernier rapport de Bank Al-Maghrib, la Banque centrale du Maroc, publié mardi 11 août.

Pour comprendre ce qui se passe, il faut savoir que Bank Al-Maghrib surveille régulièrement l'état des comptes bancaires du pays. Son rapport de juin 2026 montre une tendance claire : les crédits accordés par les banques ont bondi de 10,9% en un an, pour atteindre 1.301,8 milliards de dirhams. Dans le même temps, les dépôts, c'est-à-dire l'argent que les gens et les entreprises confient à leur banque, ont progressé de 8,7%, atteignant 1.422,5 milliards de dirhams.

Selon Challenge, qui a rapporté ces chiffres, cette hausse concerne à la fois les entreprises et les ménages. Les crédits aux entreprises privées non financières ont augmenté de 8,2%, avec une forte demande pour les crédits à l'équipement (+15,8%) et à la promotion immobilière (+9,4%). Les ménages ont aussi emprunté plus, surtout pour l'habitat (+2,7%) et la consommation (+4,6%).

Côté épargne, les dépôts des ménages ont grimpé de 8,9%, atteignant 1.030,6 milliards de dirhams. Un montant important, dont 233,1 milliards viennent des Marocains résidant à l'étranger (MRE). Les entreprises n'ont pas été en reste, avec des dépôts en hausse de 14,1% à 264,6 milliards de dirhams.

Cette dynamique s'accompagne d'une hausse des taux d'intérêt. Les dépôts à terme, c'est-à-dire les placements bloqués pour une durée fixe, rapportent plus : le taux à 6 mois est passé à 2,51% (+35 points de base) et celui à 12 mois à 2,77% (+17 points). Le taux minimum de rémunération des comptes d'épargne a aussi été relevé à 1,82% pour le deuxième semestre 2026, soit une hausse de 21 points par rapport au semestre précédent.

Concrètement, cela signifie que les Marocains ont plus confiance dans le système bancaire, et que les banques sont plus actives pour financer l'économie. C'est un signe de santé financière, même si les taux d'intérêt plus élevés peuvent aussi refléter une volonté de freiner l'inflation.