Le chantier de l'usine de dessalement du Grand Casablanca pèse déjà dans les comptes d'Acciona, le géant espagnol des infrastructures. Ses recettes dans le secteur de l'eau ont bondi de 14,6 % au premier semestre, et le projet marocain en est l'un des moteurs.

Pour comprendre ce que cela signifie : Acciona construit et gère des infrastructures, notamment des usines qui transforment l'eau de mer en eau potable. Le Maroc a lancé un grand projet de ce type pour la région de Casablanca, et c'est Acciona qui s'en occupe. Le groupe a publié ses résultats semestriels, et le chantier marocain y figure en bonne place.

Selon Barlamane, qui a relayé les données transmises par Acciona à la Commission nationale du marché des valeurs (CNMV), l'équivalent du gendarme boursier en Espagne, l'activité eau du groupe a généré 740 millions d'euros de recettes entre janvier et juin, contre 645 millions un an plus tôt. Le groupe explique explicitement que cette hausse repose notamment sur trois usines de dessalement : celle d'Alkimos en Australie, celle de Casablanca, et celle de Facility E au Qatar.

Qu'est-ce que cela change concrètement ? D'abord, cela confirme que le chantier marocain n'est pas un simple projet local : il compte au niveau mondial pour un grand groupe international. Ensuite, cela donne une idée de l'ampleur du contrat. Acciona détient 50 % de la société de projet, et la période contractuelle court de 2024 à 2054 : c'est dire qu'il s'agit d'un engagement sur trois décennies.

Le contrat porte sur la conception, le financement, la construction, l'exploitation et la maintenance de l'usine, dans le cadre d'un partenariat public-privé. En clair, Acciona ne se contente pas de construire : elle gèrera aussi l'installation pendant des années, en partenariat avec les autorités marocaines.

Reste un point d'attention : la marge de l'activité eau s'est légèrement contractée, passant de 7,2 % à 7 %. Cela signifie que si les recettes augmentent, les charges aussi, et le profit net par euro gagné diminue très légèrement. Un détail technique, mais qui montre que la croissance n'est pas sans coût.