Après une année sans aucune cargaison, le Maroc est de nouveau revenu sur le marché du blé russe. Un choix lié à un écart de prix devenu très favorable — un contexte qui rebat les cartes du commerce céréalier mondial.
Entre le 1ᵉʳ et le 10 août 2025, le Maroc a acheté 30 000 tonnes de blé russe, selon l'Union céréalière russe (RZS), une organisation professionnelle russe qui suit les exportations de céréales. C'est la première fois depuis la campagne précédente que le royaume figure parmi les destinations russes. Il a d'ailleurs été rejoint par d'autres pays qui étaient absents depuis un an, comme l'Indonésie (66 000 tonnes), le Yémen (53 700 tonnes) ou le Venezuela (36 000 tonnes).
Pourquoi ce retour ? Le prix du blé russe est devenu nettement plus compétitif. D'après la RZS, l'écart entre le blé russe et le blé européen est aujourd'hui de 38 dollars par tonne — contre seulement 5 dollars un an plus tôt. Autrement dit, le blé russe coûte beaucoup moins cher. En dix jours, son prix a encore baissé de 3 dollars pour atteindre 224 dollars la tonne au départ du port de Novorossiïsk, en Russie. Pour 30 000 tonnes, cela représente environ 6,7 millions de dollars, hors fret, assurance et frais commerciaux.
Ce retour se produit dans un contexte particulier : la Russie exporte globalement moins de céréales. Ses expéditions de blé ont chuté de 18,1 % sur un an, et celles d'orge de 30 %. L'Égypte reste le premier client de la Russie, avec 233 600 tonnes de blé achetées début août, en hausse de 4,3 %. Même si la Russie vend moins en volume, elle garde des marchés importants — et regagne des clients comme le Maroc grâce à ses prix cassés.
Selon Barlamane, qui rapporte les données de l'Union céréalière russe, cette baisse des prix s'explique notamment par une offre abondante et une demande moins forte. Pour le Maroc, cet achat de blé russe représente une option économique : cela diversifie ses sources d'approvisionnement et lui permet de bénéficier de prix compétitifs sur un marché où le blé européen est plus cher.




