Alors que les ventes de moutons vivants chutent brutalement, un pays continue d'en acheter massivement. Et ce pays, c'est le Maroc.
En 2025, l'Andalousie, une région du sud de l'Espagne, a exporté beaucoup moins de moutons vivants qu'avant. Pourtant, le Maroc a acheté 82% de ces animaux. C'est ce que révèle un rapport de l'Observatoire des prix et des marchés (OPM) de la Junte d'Andalousie, l'administration régionale, consulté mardi 4 août et basé sur les données de Datacomex, la base du commerce extérieur espagnol.
Concrètement, sur les 68 626 moutons vivants exportés par l'Andalousie, environ 56 300 ont pris la direction du Maroc. L'Allemagne et l'Italie arrivent loin derrière, avec respectivement 9% et 5% des ventes. Mais cette position dominante marocaine ne change rien à l'effondrement général : les exportations ont chuté de 57,2% en volume par rapport à 2024, et leur valeur a reculé de 46,5%, pour atteindre 10,85 millions d'euros.
Ce qui est frappant, c'est que le Maroc achète des animaux vivants, mais pas la viande. Les exportations andalouses de viande ovine, elles, sont en hausse de 17,7% et partent principalement vers l'Algérie (30%), la France (28%) et l'Allemagne (10%). Le Maroc n'apparaît même pas dans ce top 3. Cela suggère que le royaume préfère importer du bétail sur pied, peut-être pour l'élever ou l'abattre sur place, même si le rapport ne précise pas ce que deviennent ces animaux après leur arrivée.
Autre donnée intéressante : l'Andalousie importe très peu de moutons. En 2025, elle n'en a acheté que 2 623, principalement au Portugal (82%) et en France (18%). Aucune livraison marocaine n'est recensée dans ce sens. Le Maroc est donc un acheteur, pas un vendeur, dans ce commerce spécifique.
Enfin, le rapport note que les prix des agneaux ont grimpé : le kilo se vend en moyenne 4,84 euros, soit 39,4% de plus qu'en 2021. Et l'offre andalouse se redresse : on compte 457 847 agneaux, un chiffre en hausse de 14,2% sur un an, avec une concentration à Cordoue, Grenade et Séville.
Source : Barlamane




