Le marché brésilien de l'engrais recule, mais le Maroc, lui, progresse. Une bonne nouvelle pour les exportateurs marocains, qui voient leur présence se renforcer dans un secteur pourtant en difficulté.
De janvier à fin juillet, le Brésil a importé 22,4 millions de tonnes d'engrais, soit 7,4 % de moins qu'à la même période l'année précédente. Pourtant, dans ce contexte de baisse, les achats brésiliens d'engrais marocains ont augmenté de 27 %, selon les données du secrétariat au commerce extérieur (Secex) du ministère brésilien du développement, de l'industrie, du commerce et des services, rapportées par Barlamane.
Ce contraste s'explique par des évolutions opposées chez les principaux fournisseurs du Brésil. La Russie, premier exportateur, a livré 4,9 millions de tonnes, en baisse de 28 %. La Chine, deuxième, a expédié 4,1 millions de tonnes, soit 20 % de moins. Ensemble, ces deux pays représentent encore 40,2 % des importations brésiliennes, mais leur recul combiné atteint environ 2,9 millions de tonnes.
Pour combler ce manque, le Brésil s'est tourné vers d'autres sources. Outre le Maroc, les volumes canadiens ont augmenté de 10 %, et 1,6 million de tonnes sont arrivées du Turkménistan. La hausse de 27 % des volumes marocains, comparée au recul général de 7,4 %, signifie que la part du Maroc dans les approvisionnements brésiliens a progressé d'environ 37 %. Attention : cela ne veut pas dire que le Maroc détient 37 % du marché, mais que sa présence relative a fortement augmenté.
Cette progression est d'autant plus notable que la valeur totale des importations brésiliennes d'engrais a augmenté de 7,3 %, passant de 8,2 à 8,8 milliards de dollars. Le prix moyen de la tonne est ainsi passé de 339 à 393 dollars, soit une hausse de 15,9 %. Le Maroc profite donc d'un marché où les prix montent, même si les quantités globales diminuent.
Les données disponibles ne permettent pas de préciser le tonnage exact importé depuis le Maroc, car il faudrait une extraction détaillée par nomenclature douanière pour distinguer les phosphates naturels, l'acide phosphorique et les différents types d'engrais phosphatés. Mais la tendance est claire : le Maroc s'impose comme un fournisseur de plus en plus incontournable pour l'agriculture brésilienne.




