Le Maroc, situé à la jonction de la plaque africaine et de la plaque eurasienne, est exposé à un risque sismique élevé. Pour faire face à cette menace, l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et les autorités marocaines travaillent ensemble sur un projet innovant qui combine intelligence artificielle, matériaux locaux et participation communautaire pour protéger les logements de faible hauteur contre les séismes.
Le projet, intitulé « Projet de réduction du risque sismique par l’intelligence artificielle pour les logements de faible hauteur, intégrant des matériaux régionaux et des approches sociales diverses », vise à établir des méthodes d’évaluation de la fragilité des habitations, à développer des techniques parasismiques adaptées aux ressources locales et à concevoir des outils capables d’estimer les dégâts dans les territoires montagneux difficiles d’accès.
Le séisme du 8 septembre 2023, qui a causé près de 3 000 morts et plus de 5 500 blessés, a mis en évidence la vulnérabilité des maisons traditionnelles en pierre ou en terre, des constructions élevées sans respect suffisant des règles parasismiques et de certaines infrastructures publiques. Les destructions ont frappé de plein fouet les provinces d’Al Haouz, de Taroudant et de Chichaoua, où l’enclavement et la défaillance des infrastructures de base ont compliqué l’arrivée des secours et la reconstruction.
Le projet japonais ne se limitera pas à l’aspect technique des bâtiments, mais étudiera également les normes sociales, les coutumes et les structures communautaires propres aux populations des zones montagneuses. Les chercheurs devront établir une méthode d’analyse des logements de faible hauteur, déterminer les faiblesses propres à la pierre, à la terre et aux autres matériaux disponibles sur place, puis proposer des procédés de protection compatibles avec les pratiques locales et les ressources économiques des habitants.
L’intelligence artificielle sera utilisée pour interpréter des images et des données recueillies dans les secteurs inaccessibles, afin d’évaluer rapidement l’étendue des destructions après un tremblement de terre et d’orienter les secours vers les villages les plus touchés. Le programme prévoit parallèlement un dispositif communautaire d’éducation aux catastrophes qui tiendra compte des besoins différents des femmes, des hommes et des enfants.




