Le tourisme rapporte désormais plus au Maroc que les transferts d'argent des Marocains de l'étranger. Un record qui souligne le poids grandissant de ce secteur dans l'économie du royaume.

Malgré les crises et les incertitudes mondiales, les touristes continuent d'affluer. Et cela se voit dans les chiffres. Au premier semestre de cette année, les devises que les visiteurs étrangers ont laissées au Maroc ont atteint près de 65 milliards de dirhams, selon un rapport publié par l'Office des changes, l'organisme qui suit les flux d'argent entre le Maroc et l'étranger.

Ce montant est en hausse de 15,9 % par rapport à la même période l'an dernier. Concrètement, le Maroc a gagné environ 8,9 milliards de dirhams supplémentaires par rapport aux six premiers mois de l'année précédente, où les recettes touristiques avaient déjà avoisiné les 56 milliards de dirhams. C'est ce que rapporte Barlamane, qui cite le bulletin mensuel des échanges extérieurs.

Pourquoi c'est important ? Parce que les voyages — c'est-à-dire l'argent dépensé par les touristes étrangers au Maroc — sont devenus l'une des principales sources de devises du royaume. Les devises, ce sont les monnaies étrangères (euros, dollars, etc.) dont le pays a besoin pour payer ses importations, comme le pétrole ou les machines. Et cette année, le tourisme a rapporté plus que les transferts des Marocains résidant à l'étranger, qui s'élèvent à environ 61,5 milliards de dirhams, en hausse de 9,9 %.

Autre signe de bonne santé : les dépenses des Marocains qui voyagent à l'étranger ont augmenté moins vite (+3,6 %) que les recettes. Résultat : le solde positif des voyages — ce qui reste quand on soustrait les dépenses des recettes — a bondi de 20,6 %, pour atteindre 48,8 milliards de dirhams. Autrement dit, le Maroc gagne beaucoup plus d'argent grâce au tourisme qu'il n'en dépense pour les voyages de ses citoyens à l'étranger.

Enfin, les investissements directs étrangers, c'est-à-dire l'argent que des entreprises étrangères investissent dans le pays, ont aussi augmenté de 31,5 % au premier semestre, atteignant environ 26 milliards de dirhams nets.