Et si l'argent public servait de levier pour faire venir l'argent privé ? C'est tout l'enjeu des interventions de développement, et le Maroc s'y distingue.
Selon un rapport de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), publié à la date du dimanche 2 août, le Maroc figure parmi les principaux bénéficiaires mondiaux de capitaux privés attirés par des garanties et financements publics destinés au développement. Concrètement, il s'agit d'imaginer des dispositifs publics (comme des garanties de prêt ou des lignes de crédit) qui rassurent les investisseurs privés et les incitent à injecter leurs fonds dans des projets.
D'après Barlamane, qui rapporte les données de l'OCDE, le royaume a attiré en moyenne 1,5 milliard de dollars par an de ces capitaux privés entre 2021 et 2024. Cela le place au 10ᵉ rang mondial ex aequo (à égalité avec la Serbie), et au 3ᵉ rang africain, derrière l'Afrique du Sud (1,7 milliard) et l'Égypte (1,6 milliard).
Ce classement montre que le Maroc devance des pays comme l'Éthiopie, le Kenya ou le Nigeria sur ce terrain. Mais pourquoi est-ce important ? Parce que ces capitaux servent à financer des projets de développement — infrastructures, énergie, agriculture — sans que l'État ne mobilise directement tous les fonds. Faire venir l'investisseur privé, c'est souvent une preuve de confiance dans l'économie du pays.
À l'échelle mondiale, c'est le Brésil qui domine avec 6,5 milliards de dollars par an, devant l'Inde (5,7 milliards) et la Turquie (3,2 milliards). L'OCDE note aussi que l'Afrique est devenue la première région bénéficiaire, concentrant 30 % des capitaux attirés, soit environ 19,7 milliards de dollars par an.
Pour le Maroc, ce chiffre reflète une position régionale solide, même si le rapport ne précise pas quels secteurs précis ont profité de ces financements. Les outils utilisés pour attirer ces capitaux, détaille l'OCDE, sont variés : garanties publiques, prêts syndiqués (groupés entre plusieurs banques), prises de participation ou lignes de crédit. En Afrique, ce sont les garanties qui ont été le principal moteur, représentant 31 % des apports privés.




