Le commerce entre le Maroc et le Japon s'emballe, mais il tourne nettement à l'avantage de Tokyo. Les derniers chiffres douaniers japonais montrent une hausse de 32 % des échanges sur un an, mais aussi un déficit marocain qui se creuse, un renversement de situation par rapport à l'an dernier.
Pour comprendre, il faut savoir comment les douanes japonaises comptent le commerce. Elles enregistrent ce qui entre et sort du Japon. Quand le Japon vend au Maroc, cela s'appelle une « expédition ». Quand le Japon achète au Maroc, cela apparaît comme des « achats japonais ». Sur les six premiers mois de l'année, les ventes japonaises vers le Maroc ont bondi de près de 60 %, alors que les achats japonais au Maroc n'ont progressé que d'environ 5 %.
Résultat : le Maroc a importé beaucoup plus du Japon qu'il n'a exporté vers ce pays. Ce déséquilibre se mesure par le « déficit commercial » : quand un pays achète plus qu'il ne vend, il dépense plus qu'il ne gagne. Au premier semestre, ce déficit a atteint un niveau important, après avoir été quasi nul l'année précédente. En clair, la balance penche fortement côté japonais.
Cette évolution est à mettre en regard d'une information historique fournie par le ministère japonais des Affaires étrangères, rapportée par Barlamane : les ventes japonaises au Maroc concernent surtout des machines, des transports et des automobiles, tandis que les achats japonais portent sur des denrées alimentaires et des produits de la mer. Ces secteurs expliquent en partie pourquoi le Japon vend des biens à forte valeur ajoutée – donc plus chers – et achète des matières premières ou des produits agricoles, souvent moins valorisés.
Les chiffres de ce semestre sont provisoires et ne sont pas corrigés des variations saisonnières. Ils donnent une tendance, mais il faudra attendre les données annuelles pour confirmer une évolution durable.




