Le commerce entre le Maroc et le Portugal bat son plein, mais l'ardoise s'alourdit pour Rabat. Les échanges ont grimpé de près de 22 % sur un an, pourtant le déficit commercial marocain s'est creusé de près de 9 %.
Si l'on regarde les chiffres publiés par l'Institut national de statistique du Portugal (INE), on découvre un paradoxe : les ventes marocaines vers Lisbonne progressent plus vite que les importations, mais comme les achats restent bien supérieurs, le trou se creuse. Concrètement, sur les six premiers mois de l'année, le Maroc a acheté pour près de 600 millions d'euros de produits portugais, mais n'a vendu que pour environ 327 millions d'euros. La note finale : un déficit de 270 millions d'euros.
Pour comprendre ce déséquilibre, il faut regarder ce qui traverse la frontière. D'après les données de l'INE, rapportées par Barlamane, l'essentiel de ce que le Maroc vend au Portugal, c'est du matériel de transport (voitures, pièces détachées...). Cela représente plus de la moitié de ses recettes. Viennent ensuite les fournitures industrielles, comme les composants ou les matières premières pour l'industrie.
À l'inverse, le Portugal vend surtout au Maroc des fournitures industrielles, puis des biens d'équipement (machines, outillage). Ce contraste explique en partie pourquoi les montants diffèrent : le Maroc exporte des produits finis à forte valeur, mais il importe massivement des intrants pour son industrie.
Le rythme s'accélère même au fil des mois : entre avril et juin, les exportations marocaines ont bondi de plus de 25 % par rapport au trimestre précédent, tandis que les importations ont légèrement reculé. Mais cela ne suffit pas à rééquilibrer la balance.
Pour les observateurs, ce déficit n'est pas forcément une mauvaise nouvelle : il reflète une activité économique soutenue, le Maroc ayant besoin de machines et de composants pour produire et exporter plus. Mais il souligne aussi une dépendance : ces achats au Portugal ne sont pas compensés par des ventes équivalentes, ce qui pèse sur les réserves en devises.
Le Portugal reste un partenaire commercial modeste pour le Maroc, loin derrière l'Espagne ou la France, mais la dynamique est clairement haussière. Si la tendance se poursuit, le cap du milliard d'euros d'échanges annuels pourrait être franchi bientôt. Reste à voir si le Maroc parviendra à vendre davantage de produits à plus forte valeur ajoutée pour réduire l'écart.




