Les relations commerciales entre le Maroc et la Corée du Sud connaissent un net coup d'accélérateur, portées par des ventes d'armement. Mais les chiffres douaniers ne disent pas tout.

Que se passe-t-il ? En juin, le commerce de marchandises entre les deux pays a dépassé les 100 millions de dollars, selon les données de l'Observatoire de la complexité économique (OEC) et du système statistique sud-coréen, vérifiées par le site Barlamane. Cette progression est surtout due à une forte hausse des exportations sud-coréennes vers le Maroc, qui ont bondi de 84,5 % sur un an.

Ce qui attire l'attention, c'est la part importante des équipements militaires dans ces ventes. Les rubriques douanières « munitions explosives » et « armes militaires » représentent à elles seules 29,1 millions de dollars, soit 40 % du total des ventes sud-coréennes au Maroc pour le mois. C'est presque autant que tout ce que le Maroc a vendu à la Corée du Sud sur la même période (27,4 millions de dollars).

Faut-il y voir un nouveau contrat d'armement ? Pas forcément. Les données douanières ne précisent ni le fabricant, ni le modèle, ni le destinataire final. Impossible donc de savoir s'il s'agit d'une commande unique, de plusieurs livraisons, ou de l'exécution d'accords antérieurs. Les observateurs ne peuvent pas non plus confirmer un lien avec des équipements comme le char K2 ou l'obusier K9, souvent évoqués dans les discussions entre Rabat et Séoul. Aucune catégorie distincte pour les drones n'apparaît dans les principales rubriques publiées.

De l'autre côté, les ventes marocaines vers la Corée du Sud ont aussi progressé, mais moins vite (+50,4 %). Elles sont dominées par les sels inorganiques et le minerai de plomb, qui représentent 65,7 % du total. Résultat : le déficit commercial du Maroc avec Séoul a plus que doublé, passant de 21,2 millions à 45,3 millions de dollars en un an.

Concrètement, cette poussée des échanges montre que les deux pays renforcent leurs liens économiques, mais elle pose aussi des questions sur la nature de ces flux et sur leur transparence. Les douanes ne disent pas tout, et il faudra attendre de nouvelles données pour comprendre si cette tendance se confirme et si elle s'accompagne de contrats plus visibles.