Les festivals de cinéma au Maroc peuvent souffler : l'État a décidé de mettre la main au portefeuille pour les aider à organiser leurs prochaines éditions.

Chaque année, des dizaines de manifestations cinématographiques voient le jour à travers le royaume, des plus prestigieuses aux plus modestes. Mais sans aide financière, beaucoup peineraient à voir le jour. C'est là qu'intervient le Centre cinématographique marocain (CCM), l'organisme public chargé de soutenir le 7e art.

Selon Aujourd'hui le Maroc, qui rapporte l'information, une commission spéciale s'est réunie fin juillet 2026 pour étudier les demandes. Sur 55 dossiers déposés par des organisateurs venus défendre leurs projets, 40 ont finalement été retenus. Au total, ce sont plus de 26 millions de dirhams qui vont être répartis entre eux.

La répartition ne surprendra personne : les grands rendez-vous repartent avec la part du lion. Le Festival international du film de Marrakech, l'un des plus connus du pays, reçoit à lui seul 12 millions de dirhams. Le Festival national du film de Tanger n'est pas en reste avec 7,5 millions. D'autres événements, plus modestes, se partagent le reste : le Festival du cinéma méditerranéen de Tétouan, celui du film de femmes de Salé, ou encore le Festival international du cinéma d'auteur de Rabat, qui fête cette année sa 31e édition.

Mais l'essentiel n'est pas dans les gros montants. Ce qui frappe, c'est la diversité des bénéficiaires : des festivals dans des petites villes comme Ouzoud, Nador, Mirleft ou Sidi Kacem, qui touchent des sommes bien plus modestes (entre 30 000 et 300 000 dirhams). Pour ces événements locaux, ces subventions représentent souvent une part cruciale de leur budget. Elles leur permettent d'inviter des réalisateurs, de louer des salles, d'imprimer des affiches… Bref, de maintenir vivante une culture cinématographique en dehors des grands centres urbains.

Ce coup de pouce intervient alors que le secteur culturel marocain cherche des repères après des années difficiles. En choisissant de soutenir aussi bien les gros festivals que les petites manifestations régionales, le CCM envoie un signal : le cinéma ne se limite pas aux salles obscures de Casablanca ou de Rabat, il se vit aussi dans les régions.