Le Maroc, gros importateur de blé, voit ses approvisionnements russes se réduire comme peau de chagrin. Une nouvelle qui pourrait peser sur les prix du pain et des pâtes dans les prochains mois.

Selon Barlamane, qui rapporte des données de l'Union russe des céréales (RZS), les expéditions de blé russe vers le Maroc ont chuté de manière spectaculaire : elles sont passées de 60 000 tonnes à seulement 5 000 tonnes en l'espace d'un an, pour les dix premiers jours d'août. C'est une division par douze.

Cette chute n'est pas propre au Maroc. Elle s'explique par des difficultés en Russie même : des problèmes de navigation et des dommages dans les ports de la mer d'Azov et de la mer Noire ont freiné les exportations céréalières russes. Au total, les ventes de céréales russes ont été divisées par 2,5 entre le 1er et le 20 août, par rapport à l'année dernière.

Concrètement, cela signifie que la Russie, l'un des plus grands exportateurs de blé au monde, a expédié beaucoup moins de céréales qu'à l'habitude. Les livraisons de blé ont été divisées par 2,6, celles d'orge par 2,9, et celles de maïs par 1,7.

Pour le Maroc, qui importe une grande partie de son blé, cette réduction est un signal d'alerte. Le pays pourrait devoir se tourner vers d'autres fournisseurs, comme la France ou l'Argentine, ou faire face à une hausse des prix sur le marché mondial. La directrice du département analytique de la RZS, Elena Tiourina, reste toutefois confiante : le potentiel d'exportation russe pour la campagne actuelle est jugé "bon", et les pertes pourraient être compensées plus tard dans l'année.

En attendant, les autorités marocaines surveillent de près la situation, car la flambée des prix des céréales a souvent des répercussions sur le pouvoir d'achat des ménages.