La Direction Générale des Impôts (DGI) a entrepris une grande réforme du tissu entrepreneurial marocain, avec pour objectif de renforcer la transparence et la traçabilité des acteurs économiques. Cette réforme s'appuie sur plusieurs mesures, notamment la récupération de plus de 230 000 Identifiants Commun d'Entreprise (ICE) et la création d'un registre des entreprises inactives.
Le registre des entreprises inactives, introduit par la Loi de finances 2023, vise à identifier les sociétés qui n'ont pas déposé de déclaration ni réalisé d'opération pendant trois exercices consécutifs. Cette mesure a été étendue aux personnes physiques professionnelles en 2025. Les entreprises défaillantes reçoivent une notification leur donnant trente jours pour régulariser leur situation ou déclarer leur cessation d'activité.
Les chiffres sont éloquents : 62% des ICE récupérés concernent des personnes morales, soit 142 961 sociétés, en hausse de 10% sur un an. Les personnes physiques professionnelles représentent les 38% restants, avec 87 527 récupérations, en progression de 6%. Cette réforme a un impact concret sur les entreprises, les commerçants et les professionnels, qui doivent désormais se conformer aux règles de transparence et de déclaration.
Les experts estiment que cette réforme est nécessaire pour assainir le tissu économique et renforcer la confiance dans l'économie formelle. Selon l'économiste Mehdi Fakkir, « l'ICE n'est plus un simple numéro, c'est un sésame qui conditionne l'accès à l'économie formelle ».
La procédure de récupération des ICE peut être brutale, mais elle est efficace. Les commerçants qui avaient cessé leur activité sans déclaration de radiation reçoivent des courriers comminatoires les invitant à régulariser leur situation. La récupération de l'ICE est devenue une question de survie économique pour ces entreprises.




