Derrière les chiffres d'un géant de la finance luxembourgeois se cache un détail sur la confiance des investisseurs internationaux envers le Maroc.

BNP Paribas Funds, une société d'investissement à capital variable (Sicav) enregistrée au Luxembourg, a publié son rapport annuel. Et dedans, on apprend qu'elle possède un peu de dette marocaine. Concrètement, cela signifie que ce fonds d'investissement a acheté des obligations souveraines du Maroc — c'est-à-dire des titres de dette émis par l'État marocain pour emprunter de l'argent sur les marchés financiers.

Selon Barlamane, cette exposition est répartie entre deux compartiments du fonds consacrés aux marchés émergents. Le premier, Emerging Bond, détient environ 2,5 millions de dollars de titres marocains, soit un peu plus d'un demi-pour cent de son actif net. Le second, Emerging Bond Opportunities, en détient environ 662 000 dollars, soit 0,23 % de son actif net. Ce sont des montants très modestes pour un fonds qui gère des dizaines de milliards d'euros.

Ces obligations ont des caractéristiques variées : certaines arrivent à échéance en 2032, d'autres en 2042, d'autres en 2050. Les taux d'intérêt (appelés coupons) vont de 3 % à 6,5 %. Mais l'essentiel est ailleurs : le fonds ne détient aucune action marocaine, ni obligation émise par une banque, une entreprise ou un établissement public du royaume. Toute l'exposition est donc exclusivement liée à l'État marocain lui-même. C'est un signe que l'investisseur considère la dette souveraine du pays comme un placement sûr, mais il ne mise pas sur les entreprises marocaines pour l'instant.

Le rapport financier montre aussi que BNP Paribas Funds a terminé l'année 2025 avec 58,1 milliards d'euros d'actif net. La gestion des portefeuilles a généré près de 3,8 milliards d'euros de gains, ce qui a largement compensé une réévaluation négative en début d'année. Pour le Maroc, ces placements restent marginaux, mais ils témoignent d'une présence discrète sur les marchés financiers internationaux.