Le Maroc, déjà grand exportateur de phosphate, pourrait voir ses ventes à la Chine bondir dans les prochains mois. Selon une analyse de Shanghai Metals Market (SMM) reprise par Barlamane, la Chine, autrefois exportatrice nette de minerai phosphaté, est devenue importatrice nette en 2023. Et ses besoins ne font qu'augmenter.

Pourquoi ce changement ? Parce que la Chine produit désormais beaucoup de batteries pour véhicules électriques. Deux types de batteries en particulier, le LFP et le LMFP, utilisent du phosphate. Problème : le minerai chinois est souvent de faible qualité, insuffisant pour répondre à la demande. Résultat : le pays doit importer.

Selon SMM, la Chine a importé près d’un million de tonnes de phosphate au premier semestre 2026, soit 30 % de plus qu’à la même période en 2025. Sur l’ensemble de l’année, les importations pourraient atteindre entre 2,1 et 2,3 millions de tonnes, une hausse de 15 à 25 %. Le Maroc fait partie des six fournisseurs étrangers sur lesquels la Chine compte, aux côtés de l’Égypte, de la Jordanie, du Kazakhstan, du Pérou et de l’Algérie.

L’étude de SMM ne donne pas de chiffres précis sur les livraisons marocaines ni sur leur valeur, mais elle estime que la dépendance chinoise aux sources étrangères va continuer de croître. Un élément favorable au phosphate marocain : la décision de l’Égypte, annoncée le 13 mai, de ne plus signer de nouveaux contrats d’exportation de minerai phosphaté. Cela modifie la concurrence, notamment entre le Maroc et la Jordanie.

Concrètement, cette hausse des achats chinois offre au phosphate marocain un débouché supplémentaire sur un marché devenu structurellement déficitaire, sous l’effet de la demande des batteries. Les importations chinoises devraient encore augmenter avec la constitution de stocks d’hiver et la hausse saisonnière de la production de véhicules à énergie nouvelle au second semestre.