Le Maroc a expédié moins de fruits rouges vers l'Europe cette saison, mais le coup dur est très inégal selon les fruits. Les fraises, en particulier, ont subi un recul spectaculaire.
Selon les données compilées par le ministère espagnol de l'agriculture et relayées par Barlamane, les expéditions marocaines de fraises, framboises et myrtilles vers l'Union européenne ont baissé de près de 14 % sur un an. Sur la période allant de septembre à avril, le Maroc a envoyé environ 72 700 tonnes de ces petits fruits, contre plus de 84 000 tonnes lors de la campagne précédente.
Mais le vrai séisme se cache dans le détail : les fraises se sont effondrées. Leurs volumes ont chuté de 56,8 % par rapport à l'an dernier, passant d'environ 7 800 tonnes à un peu plus de 3 300 tonnes. Ce recul est encore plus net si on le compare à la moyenne des cinq dernières campagnes, où le Maroc expédiait habituellement bien plus.
Ce qui frappe aussi, c'est le bond des fraises venues d'Égypte, qui représentent désormais le gros des importations européennes extracommunautaires. L'Égypte a vendu plus de 8 700 tonnes, en hausse de 42 %, pendant que le Maroc reculait fortement.
Les autres fruits rouges marocains s'en sortent mieux. La framboise reste le produit phare, avec des volumes qui ne reculent que de 6 % et restent au-dessus de leur moyenne récente. La myrtille baisse de 12,5 %, mais demeure également au-dessus de sa référence historique.
Autre signe intéressant : malgré la raréfaction des volumes, les prix des fraises marocaines n'ont pas dégringolé autant. La valeur unitaire a même progressé par rapport à la moyenne des campagnes précédentes. En clair, moins de fraises, mais pas forcément moins bien vendues.
Pour l'essentiel, ce bulletin du Mapa, qui s'appuie sur les données d'Eurostat, montre que la concurrence s'intensifie et que la fraise marocaine, en particulier, traverse une passe difficile face à l'Égypte. Barlamane a publié le détail de ces chiffres, notamment les données par mois et les comparaisons sur plusieurs années.




