Le monde des services financiers marocains bouge. Une initiative portée par l'agence allemande de coopération pourrait changer la donne pour les startups, les banques et les autorités.
Imaginez un salon où les créateurs d'applications de paiement, les banquiers et ceux qui écrivent les lois financières se parleraient régulièrement, au lieu de se croiser uniquement lors de crises ou de blocages. C'est précisément ce que veut créer la GIZ, l'agence allemande de coopération internationale pour le développement durable, à travers son projet baptisé Promet.
Selon Challenge, qui a rapporté l'information, ce projet prévoit la mise en place d'un espace permanent de dialogue. Il réunirait les autorités de régulation, les établissements financiers, les startups, les investisseurs et des experts du secteur. L'objectif : fluidifier les échanges autour des questions réglementaires et accompagner l'essor de l'innovation financière au Maroc.
Concrètement, cette plateforme de concertation ambitionne d'identifier plus rapidement les freins réglementaires auxquels font face les fintechs — ces entreprises qui utilisent la technologie pour proposer des services financiers, comme le paiement mobile ou les banques en ligne. Elle permettra aussi de partager les meilleures pratiques internationales et de trouver un équilibre entre innovation, stabilité financière et protection des consommateurs.
Le contexte est porteur : le paiement digital, l'open finance (le partage de données bancaires entre institutions), l'identité numérique et l'intelligence artificielle appliquée aux services financiers montent en puissance. L'initiative vise à adapter le cadre réglementaire à ces évolutions. Concrètement, des ateliers thématiques, des travaux de comparaison internationale (benchmark) et des recommandations opérationnelles seront menés pour aider les décideurs publics et les professionnels du secteur. Une feuille de route doit également être élaborée pour assurer la gouvernance et la pérennité de cette plateforme, avec des mécanismes de suivi et d'évaluation.
En résumé, la GIZ veut faire de la réglementation un levier d'innovation plutôt qu'une contrainte. C'est un pas de plus vers l'ambition du Royaume de se positionner comme un hub régional de la fintech en Afrique. Pour l'instant, le dispositif est en construction. Mais l'idée est claire : décloisonner les échanges pour aller plus vite, plus loin, sans casser la protection des utilisateurs.




