L'Espagne et le Maroc ne s'échangent pas de l'électricité comme le ferait deux pays européens. Et Madrid vient de confirmer que ce traitement particulier restera en place.
Selon Barlamane, le régulateur espagnol des marchés a publié une résolution qui adapte les règles du système électrique péninsulaire pour tenir compte de la liaison avec le Maroc, mais refuse de la fondre dans le dispositif appliqué aux frontières avec la France ou le Portugal.
Concrètement, cela signifie que les échanges électriques entre l'Espagne et le Maroc continueront de fonctionner selon un mécanisme basé sur des contrats bilatéraux avec livraison physique. C'est-à-dire que les deux pays s'engagent sur des quantités précises d'électricité à livrer, plutôt que de s'appuyer automatiquement sur les mécanismes de solidarité automatique des marchés européens.
Quand le réseau ne peut pas absorber tous les échanges programmés (ce qu'on appelle une congestion), le gestionnaire du système espagnol doit appliquer une procédure spécifique. Il doit tenir compte de la capacité internationale disponible, des prévisions de demande, de production éolienne ou solaire, avant de modifier les programmes pour préserver l'équilibre et la sécurité du réseau.
Autre point important : en cas de congestion, l'Espagne doit communiquer avant 14h45 (ou dans les 75 minutes suivant la publication du programme quotidien de base) les résultats de l'enchère de capacité liée aux contrats bilatéraux avec le Maroc. Ce délai place la frontière marocaine dans la mécanique quotidienne de programmation du système électrique espagnol, mais selon une procédure séparée de celles qui régissent les liens avec la France et le Portugal.
En clair, cette résolution confirme que l'interconnexion Espagne–Maroc reste un cas à part, géré avec des règles propres, distinctes de celles des autres frontières. Cela pourrait avoir des implications pour la stabilité des échanges et la gestion des pics de consommation, mais les détails techniques de la mise en œuvre restent à surveiller.




