L'avenir de l'eau et de l'électricité au Maroc va se jouer avec les entreprises privées. L'opérateur public du secteur a présenté un plan d'investissement colossal pour les cinq prochaines années, et ce sont les investisseurs privés qui en paieront la plus grosse part.

L'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) — l'organisme public chargé de produire et distribuer l'électricité et l'eau potable dans le pays — a approuvé lors d'un conseil d'administration à Rabat son plan d'équipement pour la période 2026-2030. Ce plan porte sur un montant total de 219 milliards de dirhams (177 milliards pour l'électricité, 42,1 milliards pour l'eau potable), dont près de 72% seront financés directement par le secteur privé. C'est un signal fort : l'État ne porte plus seul ces investissements stratégiques.

Concrètement, ce plan vise un objectif majeur : dépasser dès 2028 la part de 52% d'énergies renouvelables dans la capacité de production électrique installée. Pour y parvenir, l'ONEE prévoit d'ajouter 11,6 gigawatts (GW) de capacité renouvelable et 2,6 GW de stockage, pour un programme de développement de 104 milliards de dirhams. À titre de comparaison, 1 GW correspond à la puissance d'une grande centrale électrique — de quoi alimenter environ un million de foyers.

Le volet renouvelable représente environ 80% de la capacité électrique totale additionnelle prévue sur la période. Le reste servira notamment à renforcer le réseau de transport d'électricité.

Autre volet majeur : l'eau potable. Le plan mise sur le dessalement — le procédé qui transforme l'eau de mer en eau potable — pour sécuriser l'approvisionnement. D'ici 2030, la capacité de dessalement doit atteindre plus de 1,3 milliard de mètres cubes par an. Résultat attendu : le dessalement couvrira 63% des besoins en eau potable, contre environ 13% aujourd'hui et moins de 8% en 2023. Le programme concerne principalement les stations de Casablanca, de l'Oriental, de Tanger, de Souss-Massa et de Guelmim/Tan Tan.

Le directeur général de l'ONEE a aussi indiqué que les plans d'action de l'Office seront orientés pour accompagner les initiatives de décarbonation de l'économie nationale et la promotion de l'investissement privé, selon Aujourd'hui le Maroc.

Le bilan des réalisations 2025 a également été examiné, et les comptes des exercices 2024 et 2025 ont été approuvés lors de cette session. Le message est clair : le Maroc veut accélérer sa transition énergétique, et il compte sur le secteur privé pour y participer massivement.