L'entreprise marocaine OCP, connue pour ses engrais, affirme avoir presque cessé de puiser dans les nappes et rivières pour son activité industrielle. C'est un changement majeur pour un pays qui manque d'eau.

Selon le rapport intégré de durabilité 2025 du groupe OCP, 81 % de ses besoins en eau sont désormais couverts par des ressources non conventionnelles. Concrètement, cela signifie que l'entreprise utilise principalement de l'eau dessalée (retirée de la mer) et des eaux usées traitées, plutôt que l'eau douce des rivières et nappes souterraines.

Dans le même temps, 73 % de l'électricité utilisée par ses usines provient de sources propres, comme le solaire et l'éolien. Le groupe indique même pouvoir satisfaire 100 % de sa demande en eau industrielle par ces moyens non conventionnels. Cela représente un « quasi-découplage complet de la croissance industrielle et du stress hydrique », selon ses termes.

Pour y parvenir, OCP a construit des infrastructures de dessalement capables de produire 288 millions de mètres cubes d'eau par an, et des stations de traitement des eaux usées d'une capacité de 53 millions de mètres cubes par an. En juillet 2025, une canalisation de 214 kilomètres a été mise en service entre Jorf Lasfar et Khouribga, capable d'acheminer 80 millions de mètres cubes d'eau dessalée par an vers l'intérieur du pays. Cette eau dessert déjà plusieurs villes comme Casablanca, Safi ou Khouribga en eau potable, via la filiale OCP Green Water.

Selon Barlamane, le groupe prévoit d'augmenter sa capacité de dessalement à 560 millions de mètres cubes par an d'ici 2027, et de traiter 60 millions de mètres cubes d'eaux usées. Côté électricité, OCP parle d'un programme de projets verts pouvant atteindre 13 milliards de dollars, dont près de 2,6 milliards pour les énergies renouvelables entre 2025 et 2030.

Ce changement est important pour le Maroc, un pays où l'eau est rare. En utilisant moins d'eau douce, l'entreprise libère des ressources pour les villes et l'agriculture. C'est aussi une manière de réduire les coûts et de décarboner son industrie, même si les chiffres annoncés restent à confirmer dans la durée.