Le Maroc s'apprête à accueillir une usine chinoise de matériel médical qui produira des pansements, des couches pour adultes et des poches urinaires. Un investissement de près de 204 millions de dirhams, qui doit aussi créer des emplois, avec une place spécifique pour les femmes.
Concrètement, le groupe chinois Jiangsu Aishelun Medical Technology, spécialisé dans les textiles médicaux, a annoncé en juillet avoir approuvé la signature d'un accord avec le gouvernement marocain. Le montant : 203,7 millions de dirhams, soit environ 19 millions d'euros, selon un document transmis à la Bourse de Pékin, où l'entreprise est cotée, et consulté par Barlamane.com.
Ce projet n'est pas encore définitif : il reste suspendu à l'approbation des autorités marocaines, précise le document. S'il aboutit, il se concrétisera à Tanger, dans la zone industrielle de Tanger Tech, au sein de la cité Mohammed VI. C'est là qu'une filiale du groupe chinois, InnovMed Tech Group, a déjà acquis un terrain de près de 6 hectares. Sur cette surface, environ 31 300 mètres carrés seront construits pour la première phase : ateliers, entrepôts et bureaux. Les travaux devraient durer un an.
Le groupe avait déjà annoncé en janvier un budget maximum de 20 millions d'euros pour ce projet, et les premiers travaux ont débuté le 24 mai. Selon le plan, l'usine devra produire chaque année 150 millions d'alèses (des protections pour lits), 72 millions de couches pour adultes et 10 millions de poches urinaires. La pleine capacité de production ne sera atteinte que deux à trois ans après la mise en service, avec une valeur de production annuelle estimée à 200 millions de yuans, soit environ 24 millions d'euros.
L'accord prévoit aussi des engagements sociaux : l'investisseur doit porter le capital de sa filiale à un peu plus de 20 millions de dirhams d'ici douze mois, créer des emplois stables dont 35 % du budget salarial réservé à des femmes, et atteindre un taux d'intégration locale d'au moins 20 % (c'est-à-dire utiliser des fournisseurs et prestataires marocains). Le plan doit être achevé d'ici cinq ans maximum, et l'entreprise devra envoyer un rapport de suivi semestriel au centre régional d'investissement (CRI). En cas de litige non résolu à l'amiable, l'arbitrage se fera selon le règlement de la Chambre de commerce internationale à Paris.
D'après Barlamane.com, le gouvernement marocain, de son côté, s'engage à offrir des subventions échelonnées et les avantages de la zone d'accélération industrielle, sans plus de détails pour l'instant.




