Près des trois quarts des organisations marocaines restent sans plan de sortie du cloud, selon le dernier baromètre AUSIMètre 2026. Un chiffre qui illustre les angles morts persistants de la cybersécurité nationale, malgré une progression globale de la maturité.

L'indice de maturité cyber du Maroc atteint désormais 56 %, contre 49 % lors de la précédente édition, d'après Challenge. Ce passage du niveau « En développement » à « Défini » traduit un engagement accru des directions générales, désormais impliquées à 74 %. Pourtant, derrière cette progression statistique, des failles structurelles demeurent.

Le constat le plus frappant concerne la dépendance au cloud : 70 % des organisations n'ont élaboré aucune stratégie de réversibilité, soit la capacité à migrer ses données et applications vers un autre fournisseur en cas de défaillance ou de rupture contractuelle. Cette absence expose les entreprises à un risque majeur de lock-in et de perte de souveraineté numérique.

Par ailleurs, si 87 % des entreprises considèrent l'intelligence artificielle comme un levier de performance, seulement 30 % ont mis en place une gouvernance dédiée. Ce décalage entre l'enthousiasme technologique et la maturité des politiques de sécurité préoccupe les experts. Comme le résume Rachid Baarbi, vice-président de l'AUSIM : « Les investissements technologiques doivent désormais s'accompagner d'une gouvernance plus mature. »

Les fuites de données constituent la première inquiétude pour 68 % des organisations interrogées dans le cadre de cette étude menée avec PwC. La pénurie de compétences spécialisées et l'essor de l'IA malveillante ajoutent une pression supplémentaire sur les responsables SI, qui doivent repenser leurs stratégies défensives.

L'AUSIMètre 2026 montre que la cybersécurité marocaine progresse, mais que la route vers la résilience complète reste semée d'embûches, notamment sur les questions de souveraineté et de gouvernance. Les détails complets de l'étude, incluant les disparités sectorielles et les recommandations opérationnelles, sont à découvrir dans le rapport original.