Le Maroc bénéficie d'un traitement douanier spécial pour ses voitures exportées vers la Turquie, et ce n'est pas une faveur : c'est le résultat d'un accord commercial bilatéral. Mais dans la même décision, l'OMC a aussi tapé du poing sur la table contre Ankara pour ses taxes sur les automobiles chinoises.

Selon Barlamane, un groupe spécial de l'Organisation mondiale du commerce a rendu son verdict mardi 28 juillet. Il a validé le fait que la Turquie puisse exonérer les voitures fabriquées au Maroc de ses droits de douane supplémentaires. Pourquoi ? Parce que Rabat et Ankara ont signé un accord de libre-échange. La Turquie a d'ailleurs présenté ce texte à l'OMC pour prouver que les véhicules d'origine marocaine ont droit à ces réductions de taxes.

Ce qui est intéressant, c'est que le rapport ne donne aucun chiffre sur les exportations de voitures marocaines vers la Turquie. On ne sait donc pas, sur la base de ce document, combien de véhicules sont concernés ni quels constructeurs en profitent.

En parallèle, le groupe spécial a jugé que plusieurs taxes turques sur les voitures chinoises violent l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Concrètement, la Turquie appliquait des surtaxes allant de 25 % à 50 % sur les véhicules électriques, hybrides et thermiques en provenance de Chine. Or, le plafond qu'Ankara a lui-même inscrit à l'OMC est de 20 % pour les voitures électriques et de 19-20 % pour les hybrides. Les juges ont donc estimé que ces taxes dépassent les limites autorisées.

La décision turque du 22 septembre 2025 a révisé ces montants, mais ils restent au-dessus des plafonds. Par exemple, les voitures électriques importées de pays sans accord avec la Turquie doivent désormais payer 30 % de droits, ou au moins 8 500 dollars par véhicule — en plus du droit de base de 10 %. Pour les thermiques, c'est 25 % ou 6 000 dollars.

Bref, cette décision confirme que le Maroc profite bien de son accord de libre-échange avec la Turquie. Mais elle montre aussi que les règles commerciales mondiales continuent de brider les velléités protectionnistes d'Ankara, au moins sur le papier.