Le Maroc ne veut plus seulement être un atelier pour l’étranger. L’objectif est désormais de produire localement ce qui est essentiel au pays, avec moins de dépendance vis-à-vis de l’extérieur.
Selon un article du média Challenge, cette ambition s’inscrit dans une stratégie lancée sous le règne du roi Mohammed VI. L’idée est de passer d’un « Made in Morocco » — c’est-à-dire fabriqué au Maroc, souvent avec des pièces ou technologies venues d’ailleurs — à une « souveraineté productive », où le pays maîtrise davantage sa propre production.
Tout a commencé en décembre 2005 avec un premier plan appelé « Plan Émergence ». Ce plan visait à moderniser l’industrie marocaine et à la rendre plus compétitive, notamment pour faire face aux accords de libre-échange qui ouvrent les frontières. Il s’appuyait sur deux grandes idées : d’une part, se positionner sur des créneaux à forte valeur ajoutée, où le Maroc peut être compétitif ; d’autre part, développer ce qu’on appelle les « Métiers Mondiaux du Maroc », c’est-à-dire des secteurs comme l’automobile, l’aéronautique ou l’offshoring (délocalisation de services).
Ce premier plan a ensuite été prolongé en 2009 par le Pacte National pour l’Émergence Industrielle, signé à Fès. Ce contrat entre l’État et le secteur privé ciblait six secteurs prioritaires : l’offshoring, l’automobile, l’aéronautique, l’électronique, l’agroalimentaire et le textile-cuir. L’objectif était d’accélérer le développement industriel en misant sur les activités où le Maroc avait déjà des atouts.
Mais la crise du Covid-19 en 2020 a révélé une faiblesse : quand les frontières se sont fermées, le pays s’est rendu compte qu’il dépendait trop de l’étranger pour certains produits essentiels. C’est ce constat qui a donné un nouvel élan à la stratégie industrielle, poussant le royaume à chercher une plus grande autonomie.
En pratique, cela signifie que le Maroc ne veut plus seulement assembler des pièces importées, mais aussi fabriquer davantage de composants sur place, et monter en compétence dans les chaînes de production mondiales. L’automobile et l’aéronautique restent les secteurs phares de cette transformation, tout comme les « industries du futur », selon les termes de la stratégie citée par Challenge.




