Face aux sols pollués par des décennies d'exploitation minière, une équipe de chercheurs marocains mise sur la nature pour limiter la dispersion des métaux lourds. Leur approche, présentée lors d'une conférence scientifique en France, pourrait offrir une solution durable pour les anciens sites miniers du pays.
Les anciens districts miniers de Zaida, Ahouli, Mibladen, Touissit et Sidi Boukker au Maroc sont marqués par des terres dénudées, érodées et chargées en éléments traces métalliques (ETM). Ces métaux, comme le plomb, le zinc ou le cuivre, peuvent se propager dans l'environnement par le vent et l'eau, menaçant les sols voisins et les nappes phréatiques.
Selon Barlamane, qui a rapporté l'information d'après le programme officiel de la conférence SERE 2026, une étude menée par des chercheurs de l'École supérieure d'architecture de Casablanca sera présentée le 27 août à Brest, en France, lors de la quinzième conférence européenne sur la restauration écologique. Les chercheurs Bouamar Baghdad, Abdelkader Taleb et Jawad Elhijri y exposeront leurs premiers résultats sur la phytostabilisation.
La phytostabilisation est une technique qui utilise les racines des plantes, la matière organique et les micro-organismes du sol pour retenir les métaux lourds dans le sol contaminé. Contrairement à d'autres méthodes, elle ne retire pas les métaux du sol, mais elle empêche leur dispersion : le couvert végétal freine l'érosion éolienne, réduit l'entraînement des particules par les eaux de ruissellement et limite le passage des métaux vers les nappes souterraines ou les terres avoisinantes.
Les chercheurs estiment que plusieurs espèces végétales indigènes du Maroc présentent un fort potentiel pour cette technique, ce qui pourrait permettre la restauration des habitats et le retour progressif de la biodiversité. Les deux zones étudiées sont les anciennes exploitations plombifères de la Haute Moulouya (Zaida, Ahouli, Mibladen) et celles de la région d'Oujda (Touissit, Sidi Boubker).
Cependant, ces conclusions restent préliminaires. Le résumé de l'étude ne nomme pas les espèces végétales observées, ne précise pas le nombre d'échantillons ni la durée des essais, et ne donne aucun chiffre sur les superficies déjà traitées. Il ne mentionne pas non plus de financement pour des travaux concrets. Il s'agit donc d'une recherche scientifique, pas encore d'un chantier de dépollution engagé par une autorité publique ou un exploitant.




