Le Maroc s'apprête à faire entrer le climat dans son budget. Dès 2027, chaque dépense de l'État devra pouvoir être identifiée selon son effet sur le réchauffement climatique, une première dans l'histoire budgétaire du Royaume.

Concrètement, le futur budget 2027 va intégrer un mécanisme d'étiquetage climatique. Cela signifie que chaque crédit public sera examiné pour savoir s'il contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre ou à s'adapter aux impacts du changement climatique. C'est une façon de rendre visible l'argent public qui va dans le sens de la protection du climat.

D'après Challenge, ce dispositif a été lancé officiellement en avril 2026, avec une circulaire du chef du gouvernement. Mais avant de généraliser, une phase de test est prévue. Trois ministères — l'Équipement, le Transport et l'Agriculture — vont expérimenter cette méthode sur leurs budgets 2026 et 2027. Un groupe de travail interministériel a déjà été formé et des ateliers de formation ont eu lieu à Rabat pour préparer les équipes.

Ce n'est pas qu'un exercice technique. Cela change la manière dont l'État décide où va l'argent. Au lieu de se demander seulement combien coûte un projet, on se demandera aussi quel est son impact climatique. Une unité dédiée a même été créée au sein du ministère de l'Économie et des Finances pour coordonner tout cela.

Cette réforme s'inscrit dans une suite d'initiatives lancées depuis plusieurs années. Le Maroc avait déjà commencé en 2024 à intégrer ses engagements climatiques dans ses programmes de dépenses triennaux. En 2025, une autre circulaire a rendu obligatoire la prise en compte du climat dans les projets des politiques publiques sectorielles.

L'enjeu est important : le pays prévoit des investissements considérables pour le climat dans les prochaines années, avec des besoins massifs notamment dans les réseaux électriques. Le budget vert est donc un outil pour s'assurer que chaque dirham dépensé va bien dans la bonne direction.