Casablanca s'apprête à transformer ses montagnes d'ordures en électricité pour près d'un million de personnes. Un consortium international a signé une convention pour construire une immense usine de valorisation énergétique des déchets, un investissement de 1,5 milliard de dollars qui pourrait régler un problème environnemental qui empoisonne la vie des riverains depuis des années.

Que se passe-t-il exactement ? Le groupe helvético-japonais Kanadevia Inova, associé à l'énergéticien marocain Nareva et au japonais Itochu, va construire à Casablanca une usine capable de brûler les déchets pour produire de l'électricité. Ce n'est pas un simple incinérateur : le site combinera plusieurs techniques — traitement des ordures, panneaux solaires et récupération du biogaz émis par la décharge existante. Au total, l'installation produira environ 115 mégawatts d'électricité par an, de quoi alimenter près d'un million de personnes.

Mais pourquoi ce projet est-il important ? Parce qu'il s'attaquera à un problème concret : la décharge de Mediouna, la plus grande du royaume, située aux abords de la métropole. Selon l'entreprise, ses émanations incommodent les riverains depuis des décennies, et ses infiltrations menacent les terres agricoles voisines. En traitant 1,5 million de tonnes d'ordures par an, cette usine — la deuxième de ce type sur le continent africain — pourrait considérablement réduire ces nuisances.

Les travaux devraient démarrer avant la fin de l'année, mais uniquement une fois le financement bouclé, prévu au quatrième trimestre. La construction, confiée à l'entreprise marocaine Somagec, durera environ trois ans et demi. Le consortium prévoit de se financer auprès des banques marocaines, avec une dette « entièrement locale », et a déjà signé un contrat d'achat d'électricité avec l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE).

Du côté des bénéfices écologiques, le directeur général de Kanadevia Inova avance un chiffre frappant : ce site éviterait des rejets de gaz à effet de serre équivalant à environ 20 % des émissions annuelles de la Suisse — qu'il compare au fait de « retirer 300 000 voitures de la route ». Mais attention : aucune estimation indépendante n'a été publiée pour vérifier ces calculs, comme le précise Barlamane dans son article, qui relaie des informations de l'agence Reuters.

Ce projet est un signal fort pour le Maroc : il montre que le pays mise sur des infrastructures modernes pour résoudre ses défis environnementaux et énergétiques. Reste à voir si les promesses seront tenues, notamment en termes de délais et de bénéfices réels pour la population.