Une cargaison d'essence expédiée du port de Tanger vers la Russie est actuellement immobilisée dans le port arctique de Mourmansk. La raison tient en un mot : le prix.
Pour comprendre ce qui se passe, il faut savoir que la Russie importe parfois du carburant, malgré son statut de grand producteur de pétrole. Selon le portail spécialisé InfoTEK, cité par Barlamane, des cargaisons de carburant venues notamment du Maroc et d'Inde attendent toujours à bord de pétroliers dans le port de Mourmansk. Le média affirme qu'elles n'ont pas encore atteint le marché intérieur russe.
Le blocage vient d'un désaccord entre les compagnies pétrolières et les autorités de régulation russes. Concrètement, les entreprises qui importent ce carburant voudraient le vendre plus cher que ce que les régulateurs autorisent. Selon une source familière du dossier citée par InfoTEK, les vendeurs réclameraient jusqu'à 150 000 roubles la tonne (environ 16 505 dirhams), alors que le prix de référence sur le marché russe est de 77 620 roubles la tonne. Soit près du double.
Pourquoi un tel écart ? Parce que transporter du carburant jusqu'en Arctique a un coût logistique élevé, expliquent les compagnies. Les régulateurs, eux, veulent que ces importations soient vendues au même prix que le carburant local, pour ne pas déséquilibrer le marché.
La cargaison concernée par cette affaire est d'environ 30 000 tonnes d'essence AI-92, chargée à Tanger à la mi-juillet. Le pétrolier battait pavillon panaméen et la société Loukoïl aurait agi comme fournisseur, selon des sources professionnelles citées par Reuters le 31 juillet. Mais sur ce point, les informations restent floues : InfoTEK ne précise pas si le lot parti du Maroc a été partiellement déchargé, si son déchargement a été suspendu, ou si plusieurs cargaisons distinctes sont concernées.
Autre précaution importante : les données publiques ne permettent pas de confirmer que cette essence a été produite au Maroc. On sait seulement qu'elle a été expédiée depuis le territoire marocain vers la Russie. Le ministère russe de l'énergie, sollicité par InfoTEK, n'avait pas apporté de confirmation publique au moment de la publication.
Ce dossier illustre les tensions qui peuvent exister en Russie entre les intérêts commerciaux des compagnies pétrolières et le contrôle des prix par l'État, même pour des importations venues de l'autre bout du monde.




