Une filière qui a prospéré grâce aux exportations se retrouve aujourd'hui face à un dilemme : continuer à produire pour un marché mondial demandeur, dans un pays où l'eau manque de plus en plus.
L'avocat est devenu un produit star de l'agriculture marocaine. Très demandé à l'étranger, il rapporte des devises. Mais c'est une plante qui a besoin de beaucoup d'eau pour pousser. Or, le Maroc enchaîne les années sèches. Résultat : la culture, qui semblait être une mine d'or, devient un pari risqué pour les agriculteurs.
D'après Challenge, qui relaie une information de Fresh Plaza datée du 11 août, la situation est telle que, dans certaines localités comme Tiflet, Allal Bahraoui et Sidi Yahya El Gharb, des producteurs disent envisager sérieusement de détruire leurs propres avocatiers. Ces villes se trouvent dans la région du Gharb, au nord-ouest du pays, qui concentre l'essentiel des plantations d'avocats du Maroc.
Le problème ne se limite pas à la quantité d'avocats produits. Quand l'eau manque, il faut investir dans des systèmes d'irrigation plus performants, parfois très coûteux. Les rendements deviennent imprévisibles, et les revenus aussi. Les épisodes de chaleur et les sécheresses prolongées perturbent la croissance des fruits, ce qui accroît l'incertitude pour les exploitants.
C'est ce que les experts appellent un paradoxe : l'avocat marocain a le vent en poupe sur le marché international, mais cette réussite repose sur une ressource naturelle qui n'est pas illimitée. Sans eau, produire plus devient très compliqué. La question n'est donc plus seulement économique, elle devient une question de survie pour une filière entière.




