Les exportations marocaines d'agrumes vers l'Union européenne ont connu une campagne contrastée : les volumes ont nettement baissé, mais la valeur des ventes a mieux résisté, selon des données officielles.

Entre septembre 2025 et mai 2026, les Européens ont importé 120 995 tonnes d'agrumes marocains, soit 24,3 % de moins que lors de la même période un an plus tôt. C'est ce que rapporte le département de l'agriculture de la Généralité valencienne, en Espagne, sur la base de chiffres provisoires d'Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, cité par Barlamane.

Concrètement, le Maroc a perdu 38 810 tonnes sur un an et ne représente plus que 8,1 % des achats européens d'agrumes auprès de pays hors UE, contre environ 11,5 % lors de la campagne précédente. Ce recul tombe dans une période où, globalement, les importations européennes d'agrumes en provenance de pays tiers ont augmenté de 7,8 %, à 1,5 million de tonnes. Autrement dit : le marché européen était plus dynamique, mais le Maroc y a vu sa part diminuer.

Pourquoi cette baisse ? Les données disponibles ne permettent pas d'identifier une cause unique. Le document valencien ne précise ni l'état de la récolte marocaine, ni les variétés exportées, ni les coûts de transport. En revanche, il montre que la concurrence s'est intensifiée. L'Afrique du Sud a fourni 484 118 tonnes, soit 32,2 % des importations européennes, et l'Égypte 390 987 tonnes, soit 26 %. La Turquie arrive en troisième position avec 16,5 %, devant le Maroc. Les livraisons sud-africaines ont bondi de 64 879 tonnes et celles de l'Égypte de 53 168 tonnes, pendant que le Maroc reculait.

La baisse marocaine s'est surtout concentrée sur trois mois : novembre, janvier et mars. En avril, les volumes ont légèrement progressé, ce qui écarte l'idée d'une chute continue tout au long de la campagne. Par ailleurs, ce recul récent ne doit pas faire oublier que sur l'ensemble de l'année 2025, les importations européennes d'agrumes marocains avaient bondi de 45,8 % par rapport à 2024, plaçant le Maroc au quatrième rang des fournisseurs extérieurs de l'UE.

Un point positif émerge toutefois : la valeur des ventes marocaines résiste mieux que les volumes. Le texte source indique que la valeur a « reculé plus » lentement, même s'il ne donne pas de chiffre précis. Cela suggère que les agrumes marocains se sont mieux vendus en valeur, malgré une présence réduite sur le marché.