Produire à manger pour le pays, malgré des pluies de plus en plus rares : c'est le nouveau défi que le Maroc a décidé de relever, en changeant en profondeur sa politique agricole.
Pendant longtemps, l'objectif était simple : moderniser l'agriculture pour qu'elle soit plus compétitive. C'était l'époque du Plan Maroc Vert, lancé en 2008, qui a boosté les investissements et les filières. Mais la réalité climatique a rattrapé le Royaume. La sécheresse s'installe, l'eau se fait rare, et les priorités ont dû évoluer.
Le constat est clair : l'agriculture marocaine doit s'adapter pour survivre. Il ne s'agit plus seulement de produire plus, mais de produire mieux avec une ressource en eau limitée. L'irrigation économe, la modernisation des réseaux d'eau et l'utilisation d'eaux non conventionnelles, comme l'eau de mer dessalée, deviennent des axes centraux. L'idée est d'optimiser chaque goutte pour garantir la production.
Selon Challenge, cette nouvelle vision a été portée par le Souverain dans plusieurs discours, qui insistent sur le fait que l'eau conditionne le développement du Royaume. L'objectif n'est plus uniquement d'étendre les surfaces irriguées, mais d'améliorer l'efficacité hydrique de toutes les filières.
Cette stratégie a un nom : la souveraineté alimentaire. Concrètement, cela signifie que le Maroc veut être capable de nourrir sa population en comptant d'abord sur sa propre production, même en période de stress hydrique. C'est un pari sur l'avenir, qui place la gestion de l'eau au cœur de la politique agricole du pays.




