Le Maroc exporte de l'acier vers l'Europe, mais depuis le 6 août, cette relation commerciale a changé. L'Union européenne applique désormais un droit de douane géant de 50 % sur l'acier marocain, une fois que le quota annuel autorisé est épuisé.

Concrètement, chaque année, le Maroc peut exporter une certaine quantité d'acier vers l'UE sans payer de taxe supplémentaire. Cette quantité est appelée « quota tarifaire ». Avant, quand le quota était atteint, les exportations continuaient sans frais additionnels. Désormais, si le quota est dépassé, chaque tonne d'acier importée est frappée d'une taxe de 50 % de sa valeur. C'est énorme : en général, les droits de douane sont autour de 2 à 5 %.

Cette décision, rapportée par Barlamane, touche neuf pays : le Maroc, l'Albanie, Israël, la Jordanie, la Macédoine du Nord, la Serbie, la Suisse, la Tunisie et la Turquie. Tous ces pays ont un accord de libre-échange avec l'UE, ce qui les exemptait auparavant de ce genre de mesure de protection. Mais un règlement européen adopté en juin a changé la donne.

Pourquoi cette taxe ? L'Europe veut protéger son industrie sidérurgique (fabrication d'acier) contre les importations trop massives et pas chères. Elle a donc mis en place des quotas et cette taxe dissuasive pour limiter les quantités importées. La mesure s'ajoute à un système de quotas déjà en place depuis le 1er juillet, et la répartition des volumes entre pays a été définie dans un autre règlement.

Un point important : l'origine des produits est vérifiée selon les règles strictes de l'UE. Si une entreprise marocaine importe de l'acier européen, le transforme un peu, puis le réexporte vers l'Europe, cela peut être considéré comme un contournement. Dans ce cas, la taxe de 50 % s'appliquera quand même, comme si l'acier venait de ce pays tiers.

Pour les entreprises marocaines qui exportent de l'acier, il faut donc surveiller de près les quotas. Une fois le quota épuisé, chaque nouvelle exportation devient très chère. Cela pourrait réduire leurs marges ou les obliger à renégocier leurs contrats.