Ce n'est pas juste une dispute autour du Sahara. Selon un think tank marocain, le vrai problème entre le Maroc et l'Algérie est bien plus profond : des années de méfiance, des souvenirs de guerre et des peurs stratégiques. Mais il propose une méthode pour en sortir.

Le Policy Center for the New South (PCNS), un centre de recherche basé à Rabat, a publié en juillet une étude qui suggère une façon de rapprocher les deux pays. Selon Barlamane, qui a rapporté l'information, les chercheurs Fadoua Ammari et Rida Lyammouri estiment que la rivalité entre Rabat et Alger ne se résume ni au conflit du Sahara ni à une simple opposition bilatérale. Pour eux, elle est construite sur des souvenirs qui s'opposent, des peurs mutuelles et des stratégies politiques qui coûtent cher à toute la région.

Leur idée principale, expliquent-ils, n'est pas de gérer le conflit, mais de transformer la relation elle-même. Ils appellent cela la « réconciliation », un processus lent et politique, différent d'une simple normalisation des relations diplomatiques. La feuille de route qu'ils proposent commence par une désescalade minimale et va jusqu'à une « architecture relationnelle durable ».

Pour comprendre l'origine du problème, l'étude rappelle trois moments clés :

La guerre des Sables en 1963 : ce conflit, selon les auteurs, a créé un schéma de méfiance durable. L'Algérie a depuis vu le Maroc comme une menace pour ses frontières, tandis que le Maroc a estimé que le contentieux lié à la colonisation n'était pas réglé.La fermeture de la frontière terrestre en 1994 : après un attentat à Marrakech et l'imposition de visas, l'Algérie a fermé la frontière. Cela a paralysé l'Union du Maghreb arabe (UMA), créée en 1989.La rupture diplomatique de 2021 : prolongée en 2024 par le rétablissement des visas pour les Marocains, cette décision montre, selon les chercheurs, que le conflit est toujours actif.

En résumé, le PCNS ne prétend pas que la réconciliation sera facile, mais il insiste sur le fait qu'elle est nécessaire pour sortir d'une rivalité devenue « ruineuse » pour les deux pays.