Une simple décision de justice espagnole a bouleversé la situation migratoire à Ceuta. Les autorités ne peuvent plus renvoyer automatiquement les migrants qui arrivent à la nage, et l'enclave vit sa pire crise migratoire depuis 2021.
Pour comprendre ce qui se passe, il faut savoir que Ceuta et Melilla, deux villes espagnoles situées sur la côte marocaine, étaient soumises à une règle spéciale : les migrants qui tentaient d'y entrer clandestinement pouvaient être renvoyés immédiatement au Maroc, sans procédure ni formalité. Cette mesure, appelée « rejet à la frontière », a été utilisée pendant des années pour limiter les arrivées.
Mais le 8 juillet, le Tribunal suprême espagnol a rendu un arrêt qui change tout. Selon Barlamane, qui a rapporté l'information, la plus haute juridiction espagnole a jugé que cette procédure de renvoi immédiat ne peut pas s'appliquer aux personnes qui gagnent le rivage à la nage. Pourquoi ? Parce que ces migrants ne franchissent aucune barrière physique — ils ne passent ni par les clôtures ni par les grillages, juste par l'eau. Les juges estiment que la loi ne permet pas de les traiter de la même manière que ceux qui escaladent les barrières.
Concrètement, désormais, les nageurs interceptés en mer doivent passer par la procédure ordinaire : ils ont droit à un avocat, à un interprète, peuvent présenter des observations et demander une protection internationale. Les renvois en mer ont été suspendus « dans l'attente des ordres de Madrid », selon les sources officielles de la garde civile citées par la source.
Sur le terrain, l'effet a été immédiat et massif. Les autorités locales et les associations professionnelles de la garde civile désignent cette décision comme la cause directe de la plus forte poussée migratoire subie par l'enclave depuis 2021. Le nombre d'arrivées a explosé, et les associations décrivent une situation de crise.
Cette jurisprudence est désormais définitive : aucun recours n'est possible. Pour revenir en arrière, il faudrait que le Parlement espagnol modifie la loi organique sur les étrangers. En attendant, les migrants secourus sont débarqués au quai d'Espagne, remis à la police nationale, puis poursuivis selon la procédure légale.




