Des supporters marocains ont choisi un lieu symbolique pour faire passer un message politique. Leur cible : l'extrême droite espagnole, accusée de racisme envers des migrants.

Tôt mercredi matin, une banderole en anglais a été accrochée sur les remparts de la kasbah d'Agadir Oufella, un site historique de la ville. Le message, signé par les Ultras Imazighen, un groupe de supporters du club de football du Hassania d'Agadir, est clair : « L'histoire ne peut être niée ! Sebta nous appartient pour toujours », selon la traduction rapportée par la source.

Cette action n'est pas un hasard. Elle survient alors que des tensions sont vives autour des villes de Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles situées sur la côte nord du Maroc. Selon Barlamane, qui a rapporté l'information, les Ultras Imazighen présentent leur banderole comme une « riposte » au « racisme et à la violence de militants de l'extrême droite espagnole » contre de jeunes Marocains entrés clandestinement dans ces villes ces derniers jours.

Le contexte : une crise migratoire a éclaté, avec des milliers de personnes tentant de rejoindre Ceuta. Les autorités espagnoles ont dû envoyer policiers et militaires pour gérer l'afflux. Plusieurs personnes sont mortes en mer. La tension a aussi gagné Melilla, où la frontière a été fermée après une tentative d'entrée collective.

Dans ce climat, des militants d'extrême droite espagnols se sont rendus à Ceuta avec des discours hostiles aux migrants. Mais des habitants ont publiquement rejeté leur présence et dénoncé leur « racisme », au point que certains de ces militants ont dû quitter les lieux sous escorte policière.

La banderole des supporters agadirois s'inscrit donc dans cette réponse locale. Elle mêle une critique du racisme à une revendication de souveraineté marocaine sur Ceuta — une position qui dépasse le simple fait sportif et touche à un sujet diplomatique sensible entre le Maroc et l'Espagne. Le geste, relayé sur les réseaux sociaux, donne une visibilité internationale à cette contestation.

Pour comprendre l'ampleur de la crise, le ministre espagnol de l'intérieur a indiqué que 70 000 personnes étaient déjà revenues au Maroc, et a reconnu qu'aucun rapport préalable n'avait annoncé une arrivée d'une telle ampleur — preuve que les services locaux ont été dépassés.