Un projet industriel colossal d'ammoniac vert, prévu à Laâyoune, entre dans sa phase de préparation concrète. Les États-Unis viennent de débloquer une subvention pour financer les études techniques préalables à sa construction.
Selon Barlamane, qui a rapporté l'information, l'Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) a accordé une subvention de 5,7 millions de dollars à la société américaine ORNX. Cette somme est destinée à financer les études d'ingénierie de la première tranche du complexe.
Pourquoi un tel projet ? L'ammoniac vert est un produit chimique fabriqué à partir d'hydrogène produit par électrolyse de l'eau, en utilisant uniquement des énergies renouvelables (soleil, vent). Il sert principalement d'engrais, mais aussi de carburant pour les navires ou de vecteur d'énergie. Le Maroc, avec son fort ensoleillement et ses vents, dispose d'un potentiel important pour produire ce type d'énergie propre.
Concrètement, le projet, d'un coût initial estimé à 4,5 milliards de dollars, prévoit d'installer plus de 2 gigawatts de capacités éoliennes et solaires dans la région de Laâyoune. Cette électricité servira à alimenter 900 mégawatts d'électrolyseurs (appareils qui produisent de l'hydrogène à partir de l'eau), eux-mêmes approvisionnés par une unité de dessalement d'eau de mer. Le tout pourrait produire environ 560 000 tonnes d'ammoniac vert par an, selon les projections du consortium.
Plusieurs entreprises internationales sont impliquées : l'américaine Ortus, l'espagnole Acciona et l'allemande Nordex. Les études techniques (choix des équipements, dimensionnement, approvisionnement électrique, coût final, rentabilité) seront menées par le cabinet d'ingénierie américain KBR, avec GE Vernova, Electric Hydrogen et Terabase.
La subvention américaine ne couvre qu'une petite partie du coût total (environ 0,13 %), mais son importance est stratégique : elle sert à financer la phase préparatoire, qui doit déterminer si le projet est techniquement et financièrement viable avant de lancer la construction. Le groupe ORNX prévoit maintenant d'achever ces études avec l'USTDA, l'ambassade des États-Unis à Rabat et ses partenaires, avant de prendre une décision finale d'investissement.
Pour mémoire, le gouvernement marocain avait déjà conclu en février un accord foncier avec ce consortium pour permettre l'implantation du complexe dans la région de Laâyoune.




