Et si un petit robot nageur pouvait prévenir une crise de l'eau potable au Maroc ? C'est l'idée derrière un projet en cours de développement, qui vise à repérer les algues toxiques bien avant qu'elles ne contaminent les réservoirs.
Au Maroc, les barrages et réservoirs d'eau sont essentiels pour l'approvisionnement en eau potable des habitants. Mais ils peuvent être menacés par des proliférations d'algues nocives — des apparitions soudaines et rapides d'algues qui peuvent rendre l'eau impropre à la consommation.
Jusqu'ici, ces proliférations sont détectées par observation visuelle. Le problème ? Quand on les voit à l'œil nu, la qualité de l'eau est souvent déjà compromise. Il faut donc agir plus tôt.
D'après Barlamane, qui a rapporté l'information, le groupe français Capgemini — spécialisé dans les services numériques et l'ingénierie — a engagé la conception d'un drone aquatique intelligent, en collaboration avec l'Université Mohammed-V de Rabat.
Ce drone est conçu pour circuler à la surface de l'eau, là où se forment les algues toxiques. Il sera équipé de capteurs écologiques et d'un système d'alerte à distance intégrant l'intelligence artificielle. L'objectif : détecter les proliférations le plus tôt possible, pour que les autorités puissent intervenir avant que l'eau ne soit contaminée.
Le choix de ce projet n'est pas anodin. L'équipe — qui comprend notamment Nawfal Majdoub, responsable qualité senior chez Capgemini, et Anas Ait Iflach, ingénieur en gestion de projets — a examiné plusieurs urgences environnementales au Maroc avant de retenir cette problématique, qualifiée de « sérieux sujet de préoccupation ».
Les enjeux sont importants : ces algues peuvent contaminer l'eau, menacer la biodiversité, perturber l'approvisionnement des populations et même produire des toxines. Une fermeture de barrage — la seule issue en cas de contamination grave — pourrait affecter l'alimentation en eau de millions de personnes.
Un premier essai est prévu dans un barrage du nord du Maroc, dont le nom n'a pas été précisé. Des prélèvements seront répartis sur les quatre saisons pour tester le dispositif. L'équipe considère que ce type d'outil pourrait protéger à la fois les populations et les écosystèmes.
Reste que le projet est encore en développement : Capgemini n'a pas communiqué de coût, de calendrier d'achèvement, ni de détails sur la capacité de surveillance du drone.




